La Lettre de la FNOSAD – La Santé de l’Abeille – Juillet 2026

FNOSAD-LSA

Une fédération pour l’apiculture et le sanitaire

 

Juillet 2026 : Comment exploiter la canicule pour traiter contre le Varroa

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur s’installe sur une grande partie du territoire, il est possible que de nombreuses colonies connaissent un arrêt de ponte temporaire.

On ne trouve plus de couvain ouvert, plus d’œufs, uniquement du couvain fermé. En effet, le taux d’humidité relative dans les cellules, nécessaire à l’éclosion des œufs, doit être supérieur à 50 %. Les conditions actuelles, marquées par des températures élevées et une faible humidité de l’air, peuvent conduire à une interruption temporaire de la ponte.

Cette situation peut encore durer plusieurs jours, même si son intensité et sa durée varient selon les régions et les conditions locales. Il appartient donc à chaque apiculteur de vérifier l’état de ses colonies.

Si une rupture de ponte est effectivement observée, elle constitue une opportunité pour réaliser un traitement « flash » avec un médicament à base d’ l’acide oxalique par dégouttement ou sublimation (Varromed, Oxybee, Apibioxal, Varroxal), dès que le couvain d’ouvrières actuellement fermé sera totalement, ou presque totalement, émergé.

Le couvain résiduel de faux-bourdons pourra être gratté avec une herse à désoperculer ou une fourchette, ainsi que les éventuels restes de couvain d’ouvrières, afin de libérer les varroas avant le traitement. Il reste à chacun de déterminer la meilleure date pour effectuer ces opérations.

L’application du traitement devra être réalisée de bonne heure le matin ou en toute fin de journée afin que les abeilles soient à l’intérieur et d’éviter d’ouvrir les ruches en pleine chaleur.

D’ici là, il est préférable de ne pas distribuer de sirop susceptible de stimuler la ponte de la reine, qui reprendra naturellement lorsque les conditions météorologiques redeviendront favorables.

Lorsque cette rupture de ponte liée à la canicule est présente, elle constitue une véritable opportunité pour optimiser l’efficacité du traitement contre le varroa. Enfin une bonne nouvelle !

Crédit photo : Jean Riondet

Importations d’abeilles : une vigilance indispensable !

La détection récente d’un foyer d’Aethina tumida dans le Latium (Italie), à la suite du déplacement illégal de ruches depuis une zone infestée, rappelle que les introductions d’abeilles ou de matériel apicole doivent respecter des règles sanitaires strictes. Ce saut de 300 km vers le nord fait encore rapprocher davantage ce danger de notre frontière.                                              

Le petit coléoptère des ruches demeure l’un des dangers les plus redoutés pour l’apiculture européenne. Comme Tropilaelaps spp., il fait l’objet d’une surveillance particulière et de mesures immédiates en cas de détection.

Dans ce contexte, la Fnosad-LSA rappelle l’importance de vérifier l’origine sanitaire des abeilles acquises et de se conformer strictement aux circuits réglementés. Pour les apiculteurs, quelques principes essentiels doivent être rappelés :  respecter les règles encadrant les introductions d’abeilles et de matériel apicole et signaler rapidement toute suspicion aux acteurs sanitaires compétents.

En Italie, à plusieurs reprises, une éradication d’Aethina tumida a été possible grâce à une détection précoce de son introduction dans un territoire indemne et la mise en œuvre de mesures de police sanitaire si bien qu’il reste pour le moment confiné dans une zone limitée au sud de la Calabre et une parte de la Sicile.

Plus que jamais, la prévention, la surveillance et le respect des règles sur les mouvements d’abeilles depuis l’étranger constituent les meilleures garanties pour préserver la santé du cheptel apicole français. (Voir le document du ministère de l’agriculture :

https://fnosad-lsa.fr/fileadmin/FICHES/MouvementsDAbeillesDepuisLEtrangerQuellesRegles.pdf

 

Crédit photo Joseph Moisan de Serres